samedi 28 février 2015

Exposé : Les lieux dans l'oeuvre par Edmée Triaux, Delphine Barhi Murad et Anissa Bien (TL2)


Les Mains Libres , Man Ray & Paul Eluard
Les Lieux


INTRO :
Les Mains libres, recueil de Man Ray et Paul Eluard paraît en 1937. Il est constitué de dessins illustrés de poèmes. Ce recueil est une parfaite illustration de la démarche et des recherches des Surréalistes qui refusent les catégories esthétiques et qui envisagent l’art comme un instrument de libération et de révolution.
Dessins et poèmes font référence au rêve et à l’activité inconsciente. Quelques mots parfois suffisent au poète pour illustrer l’image.

 La nature
La glace cassée (I) ; Les mains libres (I) ; Main et fruits (I) ; Le temps qu’il faisait le 14 mars (I) ; Plante-aux-oiseaux (I) ; La plage (I) ; Paranoïa (I) ; Des nuages dans les mains (I) ; Feu d’artifice (I) ; Où se fabriquent les crayons (I).

c. Les paysages
Paysages seuls ou arrières plans sont présents dans 20 dessins. Les châteaux forts, crénelés, les ponts, les plages, les ports sont les plus fréquents. Quelques dessins de centre-ville complètent cet inventaire. Les plantes sont aussi un motif présent, parfois en pot, parfois démesurées, parfois plus réalistes. Les animaux sont rares, on trouve quelques représentations d’oiseaux, quelques poissons, un serpent géant.


I/ : A – Un espace-temps déréalisé et onirique.

Beaucoup de dessins du recueil sont consacrés à des lieux, des paysages et beaucoup de poèmes font référence aussi à des lieux mais pas forcément visibles ou clairs mais tous traduisent cette volonté paradoxale d’exprimer le monde tel qu’il est tout en faisant appel à l’imaginaire => ce sont des « lieux » au sens de Bonnefoy qqs années plus tard, autrement dit un espace rêvé qui à partir de l’espace perçu exprime à la fois l’insatisfaction, l’espoir, la crédulité, le départ, la fièvre… => une sorte de représentation symbolique de l’infini et de l’éternel inclus dans l’ici et le maintenant. - Des lieux irréels et fantasmés : * Des « images-tableaux » (Maryvonne Meuraud) : beaucoup de dessins de MR ont une ambition réaliste ms il rajoute très souvent des éléments surprenants et insolites voire fantastiques et ce sont ces éléments qui retiennent l’attention d’E et conditionnent son illustration = une illustration qui répugne donc la logique linéaire du discours et qui passe davantage par des images essentiellement visuelles, des « images-tableaux » => poèmes qui deviennent alors une suite de notations brèves et d’images fondées à la fois sur la richesse sonores des mots (signifiants) et sur la diversité sémantique (signifiés) : ils mettent en valeur ce que connotent les dessins de MR plus que ce qu’ils dénotent. EX : « Le Château d’If » (94) : il traduit déjà le caractère massif du bâtiment « grande maison » avec un aspect d’ailleurs théâtral car « décorés » et « toiles » renvoie à cette scène de théâtre mais le mot « araignée’ apporte la connotation de négligence, d’abandon voire de vide + vide marqué par les allitérations en [k] ou assonance en [o] => signifiant et signifié se rejoignent ici et le mot se réfléchit dans les sonorités qui le redoublent en un effet spéculaire sous-entendu d’ailleurs ds le dessin avec ce personnage vaniteux et narcissique.  poème s’accorde au dessin d’un lieu à partir des images mentales que celui-ci peut engendrer.




Le lieu comme image mentale :

des lieux assez surnaturels peuplés souvent de fantômes, d’ombres, de silhouettes féminines, des animaux étranges ds les dessins comme le serpent, des oiseaux => aspect premier est celui du rêve et de l’imagination et c’est cet aspect onirique du lieu que privilégient E = c’est d’ailleurs un lieu poétique en soi ds la mesure où c’est un appel vers un au-delà inconnu, comparable au rêve. EX : « Le Tournant » (59) : poème qui ne décrit rien du dessin, pourtant le verbe « espérer » évoque la promesse d’un ailleurs où se dissimule un être fabuleux dont la main gigantesque enserre une falaise anthropomorphe, idem : la main est peut-être une projection de ses propres désirs érotiques inavoués, l’image mentale de « ce qui est interdit » => par le lieu extérieur, le poète traduite une disposition psychologique, un aspect de son intériorité et donc le poème prolonge alors le dessin en lui donnant une profondeur.

Le lieu comme symbole :

image du « paradis livide » conférée par E à propos du ciel donne dimension symbolique aussi bien ds les dessins de MR que dans les poèmes d’E = image de l’Eden et de la Chute qui est suggérée par le dessin de la page 42 qui met en scène un couple nu sous une rose dont l’épine rappelle le caractère menaçant. Idem pour le poème qui, sans fr appel au paradis perdu, évoque un univers riche et fécond où tout prolifère + idée de genèse très fréquente ds le recueil : souvent vue comme un moment de fusion entre les quatre éléments comme dans « La Plage » (82) et « Histoire de la science » (81) --> ensemble des lieux chez Eluard et aussi chez MR évoque l’histoire de l’homme en général et les grandes étapes de notre civilisation avec la Grèce ancienne ds « L’Aventure », le M-Â avec les dessins de château, l’époque moderne avec « La Liberté » et sans compter « La Marseillaise » (98), titre donné par E comme une référence à l’hymne révolutionnaire  presqu’un engagement des artistes qui souligne la nécessité d’agir et de se guérir de la plaie mortelle de la solitude et des poèmes d’ouverture au monde et à l’autre…


Ex : le poème le tournant
a. Description
C’est un paysage réalisé au crayon.

Au premier plan se déroule une 
route de montagne, dessinant un grand tournant orienté vers la droite, et soutenue par un haut mur maçonné, pourvu de grandes arches.

Sur la droite du dessin, l’artiste a représenté le pan de la montagne surplombant la route, avec, à son sommet, quelques 
arbres faméliques.

Presque à la jonction de la montagne et de la route, 
une énorme main enserre la roche. On ne distingue que les phalanges, la paume et le bras qui sont cachés derrière le virage.

Au second plan, figurée en contre-bas de la route, une 
maison, dotée d’une tour, est lovée dans ce qui semble être une forêt.

L’arrière-plan représente 
une baie au bord de la mer et un ciel nuageux
b. Un lieu
Ce dessin est vraisemblablement la représentation de la baie de Nice, vue de la grande corniche en venant de St Jean Cap-Ferrat.



Le poème peut résonner dans le dessin, en désignant la route, qui tourne et va à la rencontre du corps de cette main, comme une métaphore du rêve, de l’hypnose, de la psychanalyse, qui permet de découvrir ce qui était jusqu’alors interdit.





Château : 


Annie Le Brun a mis en évidence (Les Châteaux de la subversion, « Folio essai ») l’importance du château ans la littérature noire depuis la fin du XVIIIe siècle, lieu de l’enferme-ment, du fantasme à l’intérieur de soi.
Les surréalistes, grands amateurs de Sade, ne peuvent que souscrire. Ici quatre châteaux (« Les tours du silence », « Le château d’If », « Château abandonné », dont un très explicitement érotique, « Les tours d’Éliane », qui ne joue cependant pas sur l’enfermement de la femme mais fait de son corps une forteresse difficile à conquérir : « Un espoir insensé / fenêtre au fond d’une mine ». Notons que Breton, cité par Eluard dans Poésie intentionnelle, avance cette formule : « UN CHÂTEAU A LA PLACE DE LA TÊTE ». La forteresse métaphorise en effet l’espace dans lequel sont enfermées les images et les possibilités sadiennes du désir.


Conclusion
Comme on a pu le voir précédemment les lieux on une importance aussi grande ou égale a plusieurs éléments dans cet œuvre tel que la couture , la femme ou encore les rêves . Chaque lieu a une signification particulière , ils n'ont pas était choisis au hasard.

Exposé : Sade et son influence sur "Les Mains libres" partie de Camille Rondeu (TL2)

SADE ET SON INFLUENCE




INTRODUCTION :

Le Surréalisme est un mouvement artistique révolutionnaire du XXème siècle. Celui-ci a pour but de libérer la société de l'emprise de la morale chrétienne, dans laquelle elle est enfermée. C'est ainsi qu'Eluard et Man Ray publient, en 1937, le recueil de poèmes et de dessins Les Mains Libres. Ce dernier se détache de la tradition puisque c'est le texte qui illustre les images, et non l'inverse. Cette œuvre se veut être l'expression de l'inconscient, des fantasmes et des désirs. C'est en ce sens que les surréalistes admiraient le Marquis de Sade. Ainsi, dans quelle mesure le recueil Les Mains Libres est-il une œuvre inspirée de celle de Sade ?


I – QUI ETAIT LE MARQUIS DE SADE ? POURQUOI EST-IL L'INICIATEUR DU « SADISME » ?

a) Le personnage

Nom : Donatien Alphonse François
Titre : Marquis de Sade
Date de naissance : 1740
Date de décès : 1814
Profession(s) : Écrivain, philosophe
Religion : Athée, comme il le montre dans son œuvre Dialogue entre un prêtre et un moribond (1782), et dans toutes celles qui suivront.

« Dieu est absolument pour l'homme ce que sont les couleurs pour un aveugle de naissance, il lui est impossible de se les figurer. »
(Marquis de Sade / 1740-1814 / Pensées)

« Un de mes plus grands plaisirs est de jurer Dieu quand je bande; il me semble que mon esprit, alors mille fois plus exalté, abhorre et méprise bien mieux cette dégoûtante chimère. »
(Marquis de Sade / 1740-1814 / La Philosophie dans le boudoir / 1795)

Autre : Libertin

« Oui, je suis libertin, j'ai conçu tout ce qu'on peut concevoir dans ce genre-là, mais je n'ai sûrement pas fait tout ce que j'ai conçu et ne le ferai sûrement jamais. Je suis un libertin, mais je ne suis pas un criminel ni un meurtrier. »
(Marquis de Sade / 1740-1814)

Né dans une famille aristocratique.
A 14 ans, il entre dans une école militaire dont il ressort capitaine, et retourne à Paris en 1763.
Il fréquente des actrices et des courtisanes, ce qui montre son goût pour la luxure.
Cette même année, en 1763, et peu de temps après son mariage, il est emprisonné pour « débauche outrée ».
En 1768, il est de nouveau emprisonné pour « flagellation ».
En 1772 il est accusé d'avoir empoisonné une prostituée à qui il a donné des dragées soit disant aphrodisiaques. Il est condamné à mort par contumace, c'est-à-dire à l'issue d'un procès sans lui, puisqu'il était en fuite à ce moment-là.
Il est arrêté, mais s'évade et est finalement retrouvé. Il est donc arrêté sous lettre de cachet du roi Louis XV.
En 1777, il se trouve incarcéré dans le donjon de Vincennes, où il rédige le Dialogue entre un prêtre et un moribond.
Durant cette période, Sade écris pour échapper à l'ennui.
Il est libéré en 1790 par la Révolution française, puisque le roi étant destitué, ses lettres de cachet n'ont plus aucune valeur. C'est à ce moment qu'il écrit les pétitions les plus antireligieuses, puisqu'il prône, au côté des sans-culottes, un État communiste bannissant tous les prêtres.
Ses deux fils émigrent et sa femme obtient la séparation à cause des violences conjugales que lui fait subir le marquis.
Il se retrouve ruiné et essaie de gagner sa vie en faisant jouer ses pièces de théâtre.
En 1793, il est de nouveau condamné à mort mais échappe à la guillotine à cause d'une erreur administrative.
En 1801, il est encore une fois arrêté car ses écrits sont considérés « outrageux » et dotés d'une extrême « violence pornographique ». Il est donc interné à l'asile de Charenton. Il y reste jusqu'à sa mort, même s'il était tout à fait lucide. Il aura donc fait près de vingt ans de prison.

Le marquis de Sade maîtrisait parfaitement la langue française et alternait scènes pornographiques et dissertations philosophiques dans ses œuvres.
C'est d'ailleurs la raison pour laquelle elles ont longtemps étaient censurées et « diabolisées » par l’Église. Elles ne seront réhabilitées qu'au XXème siècle.
A cette période, on ne se concentre plus sur le « sadisme » et la pornographie, mais plutôt sur la critique de l'hypocrisie de la société que réalise Sade à travers ses ouvrages.
Il défend les vices au nom de la nature.
Son imagination est perçue comme l'envie de libérer l'Homme de ses contraintes.
C'est un des grands écrivains et philosophes français allant jusqu'au bout de sa pensée, sans se préoccuper des conséquences qu'elle engendre.

Extrait de l'article « Sade, ou le plus athée des athées. », paru dans L'Humanité le 24 août 2009, et écrit par la romancière Lydie Salvayre.


b) Son œuvre


Pour découvrir quelques œuvres de Sade, en version intégrale :

  • La nouvelle Justine
  • Histoire de Juliette
  • Les 120 journées de Sodome

  • Augustine de Villeblanche
  • L'instituteur philosophe

D'autres textes de Sade, références de sites sur sa biographie, réflexions sur son œuvre...


La majorité de l’œuvre de Sade a été réalisée durant ses années de prison à Miolans (1772-1790), La Bastille (1793-1794) et Charenton (1801-1814). Elle exprime les contraintes qu'il a subies tout au long de sa vie, et est un moyen de résister contre celles-ci. Dans le fond, l’œuvre de Sade n'est pas organisée autour de la sexualité, mais comme bouleversement de la société de l'époque et de son ordre social. En somme, le libertinage de Sade est un moyen de rompre avec les normes et les valeurs collectives imposées par le système de l'Ancien Régime, de la Terreur et de la période Napoléonienne.

Il casse les les idéaux religieux, idéologiques, moraux et sociaux.
A travers ses œuvres, Sade montre ce qu'il ne faut pas dire.
Il remet en cause les limites de la société, de ses mœurs et du corps.
Les thèmes principaux sont la violence, la sexualité, la religion...


Le supplice d'Augustine dans Les 120 journées de Sodome :

La découverte de l’œuvre sadienne se fait au Xxe siècle, par le biais des surréalistes, portant leur attention sur l'imagination.

L’introduction d’Encre de sang revenait déjà sur cette entreprise de réhabilitation qui vise à faire oublier les « crimes » de Sade (p. 9) :
« Que les surréalistes aient cherché à tout prix à relativiser les crimes commis par Sade, que les penseurs de la Modernité se soient désintéressés de sa biographie, ce sont des faits indéniables. Il est certain aussi que le marquis de Sade viola, blessa, peut être même tua […]. Mais qu’est ce que la criminalité probable sinon avérée de Sade change quant à la possibilité et à la manière de lire ses œuvres ? »



Une vidéo sur Annie Le Brun, iniciatrice de l'exposition « Sade. Attaquer le Soleil. »


Commentaires expo sur Sade

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Exposé : Le Désir et ses pièges par Alexia Boyou et Lola Ducouret (TL2)

Le désir et ses pièges 

1. Le désir évoqué par la femme.
1. Dans les dessins, femme omniprésente.
2.Dans les poèmes, cachée mais bien là.

2. Ses risques et ses pièges.
1. Les risques pour le poète.
2. La femme désirée mais dangereuse.

Problématique : Dans quelle mesure le désir et ses pièges rythmes t'ils l'intégralité des Mains Libres ?

Intro :  Dans ce recueil les dessins  paraissent simples, enfantins, parfois. Comme sont simples les mots de Paul Eluard qui a illustré avec des poèmes les dessins de Man Ray avec des verres qui expriment clairement la recherche de la femme, de la fusion dans l'amour et du désir. Le désir engage nécessairement deux êtres. Il est une projection de soi sur l’autre et la nécessité de combler un manque pour parvenir à une forme de bonheur, qui passe par la présence de l’autre. Le désir vient de la volonté de retrouver une unité perdue. Dans ce recueil c'est d'un double désir qu'il est question, celui du dessinateur et celui du poète. Aucun voile de pudeur ne recouvre le dessin, ni n’atténue les mots, le désir érotique est clairement exprimé. Le corps devient « un objet » à étreindre, à posséder. Ceci est renforcé par la présence du dessin qui souvent se montre encore plus explicite. Dans Les Mains libres, la plupart des dessins de Man Ray représentent des femmes nues et des visages marqués par le désir ou dévoilant un sein (Cela représente 24 dessins sur 36).
Dans le premier texte page 9 que Paul Eluard écrit à propos de Man Ray, il fait apparaitre les dessins de celui-ci comme des évocateurs du désir. Comme si le seul but de Man Ray était de faire ressortir la beauté qu'il y a en toutes choses. (lire le texte)

1. Le désir évoqué par la femme. 
1.Dans les dessins, femme omniprésente.

La femme est représentée à 34 reprises dans les dessins de Man Ray, le plus souvent nue, dans des positions d'offrande les yeux fermés.


  Comme par exemple dans Le Don  page 26, où le corps de cette femme prend l'ensemble de l'espace. Cheveux en arrière buste en avant, les yeux clos,  elle s'offre entièrement à nous, ses cheveux longs qui tombent dans son dos évoquent la liberté d'une cascade. Ce dessin est chargé d'érotisme, d'abord puisque cette femme est nue et ensuite puisque qu'elle est dans une position de vulnérabilité complète. 

Egalement dans Pouvoir page 67, où cette immense main d'homme qui empoigne le corps de cette femme nue évoque le désir brut. Puisque que c'est comme si cette main désirait énormément ce corps et maintenant qu'il le tenait n'était pas près de le laisser s'enfuir. On peut deviner que cette main est crispée grâce aux veines qui ressortent du poignet et que cette femme dont on ne distingue que le bas du visage est dans l'impuissance de faire quoi que ce soit pour se sortir de son étreinte. Elle lève d'ailleurs les bras en signe de soumission. 

Enfin dans Le Désir page 20, cette femme n'est cette fois pas nue mais pour le peu qu'on distingue de son habit elle semble assez richement vêtue. Ses traits sont fins et sérieux et elle semble regarder quelque chose au loin. Le désir est évoqué dans ce dessin encore une fois par la présence de la main d'un homme qui attrape les cheveux de la femme. Il y a une opposition entre la délicatesse de la femme insensible et la violence de la main crispée, brutale et impatiente de l'homme qui ne paraît pas capable de contrôler son désir pour cette femme. 


2. Dans les poèmes, cachées mais bien là.


Dans le poème L'Attente page 92, les araignées sont absentes du poème d’Éluard mais suggérées par le dessin. Comme l’araignée tisse patiemment sa toile, le poète intitule le couple du dessin et du poème L’attente, suggérant la patience bien sûr, mais aussi la nostalgie et la mélancolie. Aux dix fils tendus par les mains à partir desquels se tisse la toile, il n'y a qu'un seul vers, un alexandrin, qui à lui seul exprime le sentiment produit par le dessin. Ces mains qui dans Pouvoir étaient prédatrices et tenaient un corps de femme, ne tiennent dans L’attente qu’une toile d’araignée : le désir n’a pas pu être satisfait, l’araignée qui guettait sa proie n’a rien attrapé. 

Dans l'Evidence page 17, le début de la première strophe semble parler de la nature jusqu'à ce que le poète s'adresse directement à quelqu'un avec "joignent tes yeux" et ensuite avec " toi tu gardes ton équilibre". Après avoir relu ce poème il m'apparait comme un éloge à une femme mystérieuse et forte. Objet encore une fois du désir du poète.

Aussi dans le Don page 26, Eluard utilise le pronom "elle" donc on se doute qu'il parle d'une femme mais à y regarder de plus près il y a un érotisme caché dans ce poème. Puisque le sexe de la femme est évoqué avec "figue" et "fille noir". La femme apparait comme un objet de désir suprême que le poète compare au soleil avec "elle est le plein soleil sous mes paupières closes".


2. Ses risques et ses pièges. 
1.Les risques pour le poète.

Le poète prend de grands risques pour lui-même en se laissant aller à ce désir pour la femme comme nous le montre ces poèmes : 
Dans Solitaire page 49, deux mains entrelacent un fil, le thème de la solitude est omniprésent, source d’angoisse dans toute l’œuvre du poète. Si dans le dessin, les deux mains pouvaient suggérer l’isolement et la solitude, il s’agit de deux mains de femme mais dans le poème, l’adjectif « solitaire » qualifie le poète, confronté à la solitude, à l’absence de la femme aimée, celle dont il risque d’être séparé. Le poème est une sorte de dialogue à la fois avec la femme aimée, « toi », mais surtout avec lui-même, c'est un dialogue sur la relation amoureuse.

Dans La mort inutile page 65 le poète reproche à la femme aimée de l'avoir écarté des autres, de l'avoir écarté de sa création. Il utilise "mauvaise" pour la définir. La femme apparait dans ce poème comme une créature dangereuse et destructrice qui peut être fatale au poète et à son talent. La femme n'est plus supérieure, elle est réduite au rang de victime. 

2. La femme désirée mais dangereuse.

 Pour les surréalistes, la femme peut être vue comme une muse mais aussi comme une créature beaucoup plus dangereuse et fatale :

Par exemple dans La Marseillaise page 100, Eluard la décrit dans son poème comme une femme mauvaise qui cherche à séduire les hommes grâce à ses charmes, hommes qui sont considérés comme des proies. Cette femme fait bien évidemment référence aux sirènes de la mythologie qui cherchaient à attirer les matelots par leur beauté et leurs chants afin de les faire chavirer et de les noyer. La femme apparait alors comme un monstre usant de ses atouts et plus comme un mystérieux objet de désir. 

Egalement dans Brosse à cheveux page 108, Eluard semble mettre en garde les hommes ou le lecteur sur la femme. Quand il dit "méfiez-vous des teintures idéales" cela fait référence aux cheveux des femmes, cheveux non représentés sur le dessin d'ailleurs. C'est comme si Eluard avait explicitement dévoilé les intentions mauvaises des femmes et les risques qu'encouraient les hommes qui se laisseraient séduire. Quand il dit "Prenez exemple sur moi" c'est comme si il partageait ca propre expérience avec nous.  Tout est suggéré dans ce poème mais rien n'est vraiment exprimé.



Conclusion : Le désir est donc l'un des principaux thèmes de cet ouvrage. Dans chaque dessin il est suggéré et dans chaque poème il est présent. La femme, principale objet du désir et omniprésente tous le long du livre et nous apparaît quelques fois soumise, quelque fois en position d'offrande mais aussi dangereuse et redoutable. Ce livre montre bien la fascination qu'avait les surréalistes pour la femme et la valeur qu'ils lui apportaient. Les Mains Libres est donc une succession de poèmes et de dessins faisant d'abord l'éloge de la femme mais ensuite son procès en la réduisant à une créature qui peut être fatale à l'artiste.

vendredi 30 janvier 2015

La Liberté (Exposé)

Exposé : La Liberté par Judith et Laura (TL 1)

La Liberté dans le recueil Les Mains Libres.


Introduction : Les Mains libres se présente comme un ouvrage à quatre mains, incluant les dessins de Man Ray illustrés par les poèmes de Paul Eluard. Cette composition se révèle étonnante et aussi révolutionnaire dès la première lecture du titre. En effet, le titre « Les Mains libres » laisse justement le lecteur libre d’interprétation. « Les mains » donnent à penser à l’outil auquel l’écrivain à recours et le terme « libre » donne à voir une symbolique étonnante celle d’une liberté absolue autant dans le fond que dans la forme de l’œuvre. La question est alors de savoir en quoi l’œuvre fait-elle preuve de liberté ? Afin d'arriver à une réponse il est important de voir et de comprendre que le titre est tout d’abord un appel à la liberté et d’affranchissement dans le milieu de l’époque et ainsi les contraintes qu’à engendré cette liberté prisent par les deux artistes.


Les Mains libres, comme l’évoque assez bien le titre, est une œuvre sans contrainte, il n’y a aucune limite , aucun cadre et rien de réaliste. Cette liberté des mains, ce rejet des contraintes Man Ray les réclame dès le début de son activité d’artiste : le rejet de la représentation selon les règles classiques de la perspective. L’artiste l’avait déjà admiré chez le peintre Picasso. Dans ces dessins, la main n’obéit plus à des règles strictes et prédéfinies, elle ne suit plus des mouvements guidés par le souci d’une copie d’objets, de personne, ou de paysage. La main de Man Ray suit une liberté qui lui est propre : celle d’une création qui paraît assez spontanée comme celle du rêve, celle de l’inconscient..
Pour les deux artistes , Man Ray ou Paul Eluard l’adjectif « libres » qui qualifie « les mains » ainsi que le fond et la forme de leur travail rend compte de l’enjeu majeur du recueil qui est : l’affranchissement des règles, la liberté d’expression.
Envisager le livre comme lieu de liberté, c’est aussi le concevoir comme un véritable moyen de création. C’est du moins ainsi que semblent l’entendre Paul Eluard et Man Ray, dont l’esthétique respective trouve un écho dans le croisement de la photographie ou du dessin et du poème, et dans la relation entre ces deux milieux visuels et verbaux. Cette relation, qui est de l’ordre d’un regard qui circule entre l’artiste et le poète, donnant  à voir et à lire, et le lecteur spectateur, fait à son tour du livre un milieu apte à susciter la liberté interprétative.
.
Le titre du recueil Les Mains libres, publié en 1937, laisse entendre ce parti pris de liberté, nécessaire à la création et au renouvellement esthétique, liberté affirmée dès le début du XXe siècle.



La main en tant que symbole d’action et de liberté est le signe d’une certaine lutte féminine et sa meilleure représentation serait le dessin correspondant au poème “La Liberté”. Dans ce dessin, la silhouette d’une femme nue de nouveau, brandissant un drapeau effectuant un léger saut. Cela pourrait parfaitement rappeler la fameuse représentation de "La Marianne". Car la femme dans l’univers des Surréalistes est bien souvent la source d’inspiration et est généralement idolâtrée. Le mouvement surréaliste est parfois même considéré comme une certaine libération pour la femme, elle est source d’inspiration.
       L’idée de la liberté à travers les mains est illustrée dans le dessin “Des mains dans les Nuages”. Quant à l’action, en l’occurrence l’action de créer apparaît dans “Brosse à Cheveux” qui semble être l’esquisse d’un peintre effectuant le portrait d’une femme grâce à un pinceau qu’il tient dans sa main.
       La main en tant que symbole d’action est illustré par Man Ray sans être forcément reliée à l’image de la femme. Comme dans “Solitaire”, bien que l’action semble faire partie du monde de l’ennui. La main est au premier plan dans le dessin de “La Lecture” et maintient un journal par exemple. De même, le dessin “Liberté” est construit de telle sorte qu’il laisse un espace symbolique entre la figure féminine et la marge droite. Certaines interprétations semblent évoquer qu’il s’agit de l’espace que nous donne notre liberté pour créer et pour agir. C’est ainsi que le poète associe la liberté au “vertige”, à la manière existentialiste d’une angoisse sans doute, qui nous confronte à un avenir protéiforme (multiformes) mais éventuellement optimiste. Le titre du recueil nous indique que la liberté présentée dans cette oeuvre est différente de celle qu’on a tendance à imaginer. Dans ce sens, le dessin “Les Mains Libres” reflète cette liberté créatrice, celle de l’artiste, qui ne se soumet plus aux contraintes de la conscience ni des règles formelles. Il crée de façon aléatoire, sans viser une finalité et, de cette façon, l’artiste atteint une forme supérieure de liberté, celle de l’imprévisible et du contingent.  La liberté est en effet une revendication chère aux Surréalistes, qu’il s’agisse d’une liberté créatrice ou d’une liberté de penser et de vivre. Les artistes qui se réclament de ce courant artistique sont dans le refus des valeurs traditionnelles et s’inscrivent dans une quête collective d’une « surréalité », d’une réalité « absolue » qui libérerait la pensée en rendant possible l’union entre deux états en apparence contradictoires que sont le rêve et la réalité.

Conclusion :
Nous voyons donc que dans le recueil des Mains Libres, les mains jouent un rôle essentiel de différentes manières. Au niveau du lien artistique, ensuite par l’image de la femme de façon érotique et sensuelle et finalement comme symbole d’action et de liberté




http://jtrumel-coursfrancais.ent-lfval.net/terminale-2014-les-mains-libres/6---correction-des-devoirs-maison/devoir-4

Rêve et imaginaire (Les Exposés)

Exposé : Rêve et Imaginaire par Anna et Capucine (TL2)

Introduction :

Les Mains libres est un recueil de Man Ray et Paul Eluard qui paraît en 1937. Il a la particularité d'être constitué de dessins illustrés de poèmes. Les mains libres  un recueil prototype du surréalisme, qui refuse les catégories esthétiques et semble prononcer une révolution littéraire sans se fixer de règles, et utiliser les schémas poétiques convenus. Pierre Janet (médecin, philosophe français qui a crée le terme « subconscient » a dit : « Le manifeste des surréalistes comprend une introduction philosophique intéressante. Les surréalistes soutiennent que la réalité est laide par définition ; la beauté n'existe que dans ce qui n'est pas réel. C'est l'homme qui a introduit la beauté dans le monde. Pour produire du beau, il faut s'écarter le plus possible de la réalité. Les ouvrages de surréalistes sont surtout des confessions d'obsédés et de douteurs. » Cette phrase a été citée par André Breton dans  Second manifeste du surréalisme en 1930. On comprend alors que les dessins et les poèmes font référence au rêve et à l’activité inconsciente car la recherche de la beauté s'écarte le plus possible de la réalité.

I/ Les mains libres, incitation à la rêverie

Les mains libres est une incitation à la rêverie, en effet l’association des dessins et poèmes font références aux rêves et à l'activité inconsciente mais montrent aussi la volonté d’échapper à la réalité, aux règles traditionnelles. Paul Eluard et Man Ray semblent eux même faire communiquer leurs deux arts par le rêve. Man Ray a dit « le matin quand je me réveille, si j’ai fait un rêve, je le dessine tout de suite. Beaucoup des dessins des Mains libres sont des dessins de rêve », les deux artistes veulent donc à travers ce recueil faire parler leurs fantasmes, traduire leurs rêves car, pour Eluad, le rêve lui permet d'aller « au delà de cette réalité insensible à laquelle, on voudrait que nous nous résignons [il] fait entrer de plein pied dans un monde où nous consentons à tout, où rien n'est incompréhensible ». Leurs expériences oniriques sont bien évidemment différentes, mais se rejoignent dans ce recueil.

La poésie d'Eluard ainsi que les dessins de Man Ray permettent la promotion de l'irrationnel, dans la mesure où ils expriment des éléments comme le sommeil, le rêve, l'inconscient, le merveilleux, l'insolite et le hasard qui amène le lecteur dans une situation d'attente et d'écoute. En effet, leur recueil échappe à la raison et aux règles conventionnelles d'un langage clair et logique, ils ont voulu retranscrire l'activité inconsciente qui se fait de plusieurs manières.
Pour Eluard, l'expression de l'activité inconsciente passe par l’écriture automatique qui entraîne la libre association de mots car c’est un moyen de libération et de révolution qui ne se préoccupe pas des conditions esthétique ou morale ou encore de la cohérence [lire le poème] → La lecture (p28). Dans ce poème nous ne voyons pas vraiment de cadre logique, son écriture paraît libre puisqu’il n’y a pas vraiment de cohérence entre les mots ou les vers, il fonctionne beaucoup par métaphores. Cela laisse au lecteur la liberté de trouver, comprendre, imaginer les liens entre ces mots, leurs donner du sens.

Pour Man Ray, cela passe tout d’abord par l’utilisation du noir et blanc, ce qui laisse plus de liberté à notre imagination. Nous pouvons également remarquer que les lignes ne se referment pas. Les lignes des corps des femmes ne sont souvent pas terminées, laissant ainsi au lecteur l’imagination de son prolongement. (Ex p34/66/69)
L'absence de détails est aussi un caractère de l’expression du rêve, les dessins de Man Ray sont très simplifiés il dit « il n’y a pas de détails dans les cheveux, alors pas de détails dans les yeux non plus, mais il y a juste assez pour que l’on comprenne ce que c’est et donner l’expression du visage ». L’absence de détail est donc fait pour ne pas que le lecteur se focalise dessus, et surtout pour lui laisser la possibilité de les imaginer, de les rêver. (Ex p18/38/84/130)
Une autre particularité, celle de l’absence de fond sur tous les dessins. Chaque personnage, chaque objet sont représentés sur une toile blanche, ce qui fait référence au monde du rêve, ils semblent flotter hors du temps, dans un monde parallèle. (Ex p13/26)
Il est impératif de rappeler que les dessins et les poèmes sont indépendants, ils fonctionnent librement puisque les poèmes d’Eluard ne sont pas là pour expliquer les dessins. Eluard à dit « Des images n'accompagnent un poème que pour en élargir le sens, en dénouer la forme […]. Pour collaborer, peintre et poète se veulent libres. La dépendance abaisse, empêche de comprendre, d'aimer. Il n'y a pas de modèle pour qui cherche ce qu'il n'a jamais vu. A la fin rien n'est plus beau qu'une ressemblance involontaire. ». Le but du poète est plutôt d’exprimer sa propre vision onirique à partir des dessins. Cette double création envoie alors les lecteurs dans une autre dimension, celle du rêve et l’imaginaire, car l’expérience onirique de ces deux artistes n’est pas forcement compris de la même manière par tout le monde. Notre rôle est donc de créer nos propres images à partir de celles proposées par les deux artistes. Chacun est libre d’interpréter, d’imaginer et de rêver les dessins de Man Ray et les poèmes d’Eluard.

II/ Analyse de poèmes

 Analyse de L’aventure (p31)
Dessin →   On voit une femme en longue robe, elle se cache les yeux comme pour se protéger de quelque chose, lumière aveuglante peut-être, sable, poussière ?
Les lignes sont ondulantes, indécises.
Le cadre fait penser à un paysage grec, on aperçoit le haut d’un temple qui n’est relié, fixé à rien, que rien ne semble retenir. La femme, en dessous semble d’ailleurs s’en éloigné comme pour s’en libérer, se libérer d’une tension qui la menace. Man Ray semble avoir voulu représenter le moment d’un départ hésitant. Un sentiment de menace, de tension se dégage de ce dessin.

Poème (A LIRE)  →  Le poème d’Eluard présente quelques différences par rapport au dessin de Man Ray, en effet, si la femme paraît hésitante, le poème, lui encourage la découverte de l’inconnu. Le mode de l’impératif « bats la campagne, répands tes mains, connais la terre de ton cœur » exprime la vivacité, l’énergie et surtout l’intensité d’un certain désir de découverte. Le poème exprime, à l’inverse de la tension et de la menace, la facilité à franchir l’inconnu, à accéder à la lumière, à un monde merveilleux.

Interprétation des deux -> sensation oppressante, il faut briser les obstacles de l’immobilisme,  il faut se créer un espace, qui sera une aventure de l’esprit.

Analyse de Rêve (p78)
Dessin -> En bas du dessin, on peut lire « rêve du 21 novembre  1956 », qui semble être la date de l’expérience onirique de Man Ray. On voit un train en flamme qui  tombe sur une ville, la violence et la dureté du dessin est exprimée grâce à la ligne plutôt horizontale du train qui casse les lignes verticales des grattes ciel.
Poème -> Eluard reprend l’ambiance pesante, il garde le cadre spatial de la ville « Tour Eiffel ». Il supprime le train qui est la figure centrale du dessin mais maintient l’idée de la destruction « penchée » « tordus » « crevés » « maison en ruine ». Le poème semble plus être un rêve éveillé que de l’inconscient. Il semble être dans l’impossibilité de communiquer ou d’échanger avec les autres.
Interprétation des deux -> Le dessin et le poème représentent l’ambiance angoissante du rêve.

Analyse de Narcisse (p35)
Dessin → La ligne ne se limite pas au cadre de la page = imagination
Masque qui suggère l'idée que dans nos rêve nous sommes quelqu'un d'autre ou montre que la femme représentée peut être imaginée et rêvée par chacun de différentes façons.
Le fait qu'elle soit nue peut également émettre l'idée que la personne est vraiment elle-même.

Poème → Définition de Narcisse en littérature : Homme amoureux de sa propre image / ou herbe vivace, bulbeuse aux feuilles allongées.
Eluard reprend l'idée du masque
Poix : mélange mou et collant à base de résine et de goudron végétaux
« N’être que sois » idée de n'être que sois même, sans jouer de rôle reprise du dessin de la femme nu
Guide « égaré » : perdu dans le rêve

Les tours du silence :
Dessin -> On voit les ombres sans corps.
On ne distingue pas vraiment de cadre temporel, ce qui fait penser au monde du rêve où on ne se retrouve pas dans le temps.

Poème -> « Ils voudraient avoir une ombre, ils voudraient avoir un corps » → figuration déroutante ? Reprend l'idée du dessin
« Ils sont aux mains de l'espace » : Le rêve est contrôlé par une force extérieure et supérieure.
« Et les pierres seront soleil » : vikings, aide à la navigation pour trouver le soleil (=inspiration à travers le rêve)
Eluard reprend bcp les éléments du dessin : les mots pierres/ombres/corps/ni jour ni nuit =  Le poème donne à relire le dessin

L'espion :
Dessin -> On aperçoit un « espion » derrière la fenêtre = comportement étrange comme dans les rêves
Assemblage d'objets improbables et insolites
Échelle des proportions irréalistes et démesurées = imaginaire
La main semble traverser l'objet = image floue = rêve

Poème -> Dans le poème, Eluard parle d'une femme qui dort « Arc parle tendu de tes yeux fermés » = paupières → rêve
« L'épaisseur de la vue » = rêve flou

Conclusion :

Les mains Libres est une œuvre qui met en avant l’existence de l’inconscient. Imaginer et rêver leur permet d'accéder à la beauté convulsive. Pour  percevoir cette beauté, nous serons donc attentifs aux images, aux sons, aux rythmes qui parcourent ses poèmes associés aux dessins de Man Ray, à leurs lignes, leurs traits. Même si il s'agit d'un immense rébus difficile à élucider nous avons les mains libres pour le faire. Beaucoup d'oeuvres traitent du sujet de l'imaginaire et du rêve qui est un des principaux thèmes du surréalisme. Nous pouvons trouver une part de rêve dans des œuvres tels que Le cauchemar de Füssli ou Le Cri de Munch ou encore La métamorphose de Narcisse de Dali.

samedi 17 janvier 2015

Les Exposés arrivent

En TL2, Exposé de Chloé, Athénaïs et Georgia


La liberté dans "Les mains libres"


(Georgia) Le surréalisme est un courant artistique et littéraire apparu pendant l'entre deux guerre. Il cherche à briser les règles habituelles de la création et à libérer les artistes des contraintes qui leur étaient imposés. D'un point de vue moral, artistique ou littéraire, la liberté, généralement défini comme l'absence de contraintes est un point central du mouvement surréaliste. De plus, Paul Eluard et Man Ray mettent en avant cette notion de liberté. On peut le constater dès la première de couverture avec le titre du recueil :  « Les Mains Libres ». Il montre la liberté de mouvement de d'expression à travers les mains, outil essentiel à la création.

PROBLEMATIQUE : Dans quelle mesure la liberté se manifeste-elle dans ce recueil ?


I. LA LIBERTE DANS LA FORME, LE RENOUVELLEMENT ESTHETIQUE :

Tout d'abord, on peut remarquer une rupture avec les règles classiques parce que, dans cette œuvre, ce sont les poèmes qui viennent illustrer les dessins de Man Ray ce qui implique une grande prise de liberté dans la mise en forme de ce recueil.
De plus, il est possible de voir que Paul Eluard ne rejette pas tous les conventions de l'écriture poétique bien qu'il pratique majoritairement l'écriture en vers libres. En effet, la forme du poème
« Fil et Aiguille » (p.11) est un quatrain d'hexasyllabes, néanmoins, on peut remarquer que les vers ne sont pas liés par des rimes. De plus, certains poèmes mêlent différents types de vers, pairs et impairs, courts et longs. Par exemple, « Belle Main » (p. 67) est composé de vers de 3,4,6,8,10 et 12 syllabes.
Le dernier poème,
« Les amis » (p.118) est un poème en prose qui garde les marques de versification traditionnelles qu'avec le retour à la ligne et la majuscule initiale.
De plus, les poèmes n'ont pas une structure fixe, certains sont des monostiches, comme
« L'attente » (p.90), d'autres des distiques « J » (p.39) ou encore « Feu d'artifice » (p.105).

Les dessins de Man Ray ne respectent pas réellement le cadre artistique traditionnel, en ce sens, il n'y a pas de limites.
En effet, les dimensions des femmes sont souvent disproportionnés par rapport au reste de l'image. Nous pouvons remarquer cela dans l'image du frontispice où la femme est très grande par rapport au pont d'Avignon sur lequel elle est couchée. Aussi, dans le dessin
« Pouvoir » (p. 64), la femme est représentée plus petite que la main de l'Homme. Cette opposition met en avant la liberté de Man Ray a dessiner sans limites. De plus, les dessins sont souvent qu'une association d’éléments n'ayant peu voire aucun rapport réel, effectivement ce sont les poèmes qui parfois parviennent à tisser un lien entre les différents objets. En effet, les poèmes ne sont pas forcément liés aux images, ce qui nous montre une certaine forme de liberté.

II. LA LIBERTE D'EXPRESSION, DE CREATION :

(liberté en générale) Dans ce recueil, la liberté d'expression est évoqué de manière relativement générale. Les artistes à l'origine de ce recueil ne se contraignent pas à donner un sens aux objets qui les entourent par exemple. On peut évoquer « Objets » (p.27) où tous les éléments qui constituent le dessin ont perdu leur utilité ainsi que leur sens pratique. Il n'y a donc plus de rationnalité ou de logique. Quand au texte, il indique que Paul Eluard entre « au bois diamant » ce qui pourrait être considéré comme une porte ouverte sur l'imagination. Cela peut être une référence au conte, et donc à l'imaginaire. Avec l'expression « tous les paysages », on peut constater que Paul Eluard se permet d'imaginer différents lieux. Le poète montre ainsi la liberté d'expression commune à lui et à Man Ray. Au cours de ce recueil, les mains de ces deux derniers se « délient » comme dans le vers du poème « Histoire de la science » (p. 81) « Que tes mains se délient ». Il s'agit d'une référence au titre du recueil, les mains deviennent libres, dénouées détachées et délivrées des contraintes des règles classiques qui emprisonnaient l'art jusque-là. On peut également parler du poème « La liberté » (p.68) : comme son titre l'indique, il évoque le fait d'être libre, et de n'avoir aucune contraintes. On peut voir sur le dessin une femme relativement aérienne. Sa nudité montre encore plus sa liberté. On peut alors proposer deux tentatives d'interprétation. Elle peut mener l'assaut contre la forteresse en bas à droite du dessin ou bien avancer tout simplement vers un avenir meilleur. Dans les deux cas, cette femme représente comme toutes les autres dans ce recueil, une allégorie de la liberté triomphante. Quand au texte, il sonne comme un véritable hymne à la liberté. On remarque une anaphore aux vers 1 et 2 du mot « Liberté ». Dans le premier vers, la femme est décrite telle une danseuse, comme si elle s'envolait. Au vers suivant, on devine une définition de la liberté : elle constitue un idéal simplement et sublimement merveilleux, tout comme la femme qui apparaît dans son plus simple appareil, c'est-à-dire la nudité. De plus, une allitération en « l » appuie sur le motif sonore musical. La femme est donc dans ce poème, un symbole clé de la liberté.

(la femme et le désir) Effectivement, la base de ce recueil repose sur la femme et son corps. Elle est en le thème central, et est donc totalement adulée des deux artistes surréalistes. On la retrouve dans de nombreux dessins, souvent dénudée, symbolisant la liberté à l'état pur. On peut citer les dessins illustrés par les poèmes « La peur » (p.103) et « Les yeux stériles » (p.56). La femme est ici abordée comme un objet de désir intense, dont se servent les artistes pour créer. Ils laissent donc leur désir personnel prendre part à leurs créations, sans se donner la moindre limite. Ils ne se soucient pas de savoir si les sujets abordés comme la sexualité ou le désir sont des sujets tabous ou non. On peut évoquer le poème « Les sens » (p.44) qui sous-entend de façon explicite l'excitation sexuelle, comme on peut le constater dans ces vers «  Ta bouche séduit ton visage ; Et ton corps peut venir ; Battant comme un cœur. » C'est un poème érotique et nous pouvons le constater dès les premiers vers, la nudité est évoquée avec « Dévêtue et le front pur ». Dans le quatrain, on peut comprendre la violence du désir, et dans le quintil, l'ouverture du visage vers le désir. En ce qui concerne le dessin, le visage de la femme est légèrement incliné en arrière et sa bouche est entrouverte, laissant place au désir. Man Ray néglige ici l'esthétique de l'objet que l'on distingue derrière ce visage, ainsi que la main : il met en avant la métamorphose de la figure de la femme au moment de l'abandon au désir. Il n'y a pas de tabous dans ce recueil, le sexe et la femme sont évoqués de façon plus ou moins explicites, selon les envies des auteurs. « Le Don » (p. 24) en est un bon exemple : les termes « noyau » et « figue » font référence au sexe féminin de manière implicite. Ainsi, la liberté en ce qui concerne la femme n'est pas forcément associé à la provocation, cela peut être beaucoup plus subtile. Cette liberté du corps et de toutes les sensations qui s'y rapportent est très importante pour les surréalistes que sont Paul Eluard et Man Ray car cela les pousse à explorer au plus profond de leur pensée grâce au désir.

(le rêve, l'inconscient, l'imaginaire : univers qui ne sont pas limités aux choses matérielles) En effet, leur création devient libre grâce à la libération de leur inconscient. Il faut se libérer pour mieux créer. Les deux artistes laissent libre cours à leurs rêves, comme par exemple avec le poème « Rêve » (p.78). On peut relever des expressions comme « La tour Eiffel est penchée » (v.3), « Les ponts sont tordus » (v.4) ou encore « ma maison est en ruine » (v.6). Les bâtiments sont donc modifiés, voir détruits. Le dernier vers est la clé de ce poème « Je me déshabille » montre un chemin vers la liberté par le fait de se dévêtir. Sur le dessin, on peut voir un train aux proportions démesurés partir en fumée au-dessus d'une ville. Man Ray a sûrement fait ce dessin suite à un rêve que Paul Eluard a interprété à sa manière. Il faut rappeler que les dessins sont été fait en premier et que le poète a réalisé les textes à partir des oeuvres de Man Ray. Pour revenir aux éléments irrationnels que comportent certains dessins, il y a également "Où se fabriquent les crayons" (p.116). On peut y voir une montagne en arrière plan, avec un serpent gigantesque par rapport au reste du dessin. Au premier plan, un petit village est dominé par un crayon géant, qui pourrait représenté un clocher. Ce lieu est insolite, délivré de toute raison, appartenant au domaine du rêve et de l'imaginaire. Libre à nous, lecteur, d'interpréter comme bon nous semble ce genre d'images.


(Athé) III) LA LIBERTE D'INTERPRETATION POUR LE LECTEUR ET LES ARTISTES :


Le lecteur tient une place importante dans Les Mains Libres puisqu'il est libre de former sa propre interprétation. En effet, du fait que les dessins soient sans couleurs, représentés sous la forme de croquis laisse au lecteur le libre choix d'imaginer son propre décors et notamment de prolonger les traits qui semblent parfois sans limites, voire même inachevés. On peut citer le dessin « Narcisse » (p. 34), qui montrent un corps de femme aux traits plus ou moins terminés. De plus, ce corps sans tête tient un masque dans sa main. Le lecteur peut choisir l'interprétation qu'il souhaite par rapport à cet élément du dessin. (lire le poème Narcisse p. 34)

La vision du recueil Les Mains Libres est donc relative à chacun. En ce sens, les portraits situés à la fin du recueil n'ont pas de texte ce qui laisse aux lecteurs une plus grande liberté d’interprétation. Ils ne sont pas accompagnés de poèmes, ce qui rend leur interprétation beaucoup plus libre, le lecteur peut s'imaginer un tas de choses sans être influencé par un texte.

De plus, Paul Eluard est libre d'illustrer les dessins de Man Ray comme il le souhaite. En ce sens, Eluard se sert de ses dessins comme déclencheurs de rêves, une sorte de prolongation ou d'appropriation personnelle. Tout comme Eluard, le lecteur s'inspire des poèmes et des dessins pour épanouir sa créativité et dégager sa propre interprétation et de créer des liens plus ou moins perceptibles entre dessin et poème.

(Athé) CONCLUSION : André Breton, le créateur du surréalisme a dit que le « langage a été donné à l'Homme pour qu'il en fasse un usage surréaliste ». Cela sous-entend une certaine forme de liberté à travers le terme « surréalisme », et c'est en effet ce qui se passe dans Les Mains Libres. Cette œuvre réalisée à quatre mains, cette collaboration créatrice nous donne une vision de la liberté à travers différentes formes de celle-ci [la liberté] pour au final coïncider en un point : la liberté permet la diversité de la création ainsi que de l'interprétation de l'art. Cette liberté entraine un renouvellement esthétique au sein de cette œuvre et du mouvement surréaliste.

mardi 13 janvier 2015

Bunuel et le surréalisme au Cinéma

"Un Chien andalou" (1928)  oeuvre projetée en avant première pour Man Ray et Aragon :
L'oeuvre du réalisateur espagnol Luis Bunuel s'ouvre sur une coupe : la découpe d'un oeil  dans "Un chien andalou" (1928) et se referme sur une couture dans "Cet obscur objet du désir" (1977). Le plus beau raccord dans l'oeuvre de l'histoire du Cinéma.


"L'Age d'or" (1930), coécrit par Salvador Dali, un film intentionnellement surréaliste :


Bunuel en mettant à mal la narration , la spatialisation et la linéarité narratives construit un cinéma proprement surréaliste de remise en cause perpétuelle de toute continuité du récit. Le rêve y côtoie la réalité, et le cinéaste fait la part belle au désir et aux fantasmes. Bunuel définit le cinéaste surréaliste comme celui qui « aura détruit la représentation conventionnelle de la nature […], ébranlé l'optimisme bourgeois et obligé le spectateur à douter de la pérennité de l'ordre existant » (Luis Buñuel).